Mardi 14 septembre 2010
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Née en 1977 à Jyväskylä, dans le centre de la Finlande, de mère estonienne et de père finlandais, Sofi Oksanen a pulvérisé l’univers littéraire finlandais en emportant en 2008 les
trois principaux prix littéraires finlandais : le prix Finlandia (le Goncourt finlandais) et les prix
Waltari et Runeberg. Dans l’histoire de la Finlande aucun écrivain n’a jamais été distingué de la sorte.
C’est son troisième roman Puhdistus (qui peut se traduire par “nettoyage”, “purge”, “catharsis”) sorti au printemps 2008, qui
l’a propulsé au firmament des Lettres de Finlande.
Puhdistus raconte les violences psychologiques et physiques faites aux femmes estoniennes pendant l’occupation soviétique
(1940-1991) et encore après 1991 quand l’Estonie retrouvait son indépendance.
Personne n’avait jusqu’ici osé aborder ce thème des souffrances réservées aux femmes dans un pays sous occupation. Et
personne ne l’a encore fait de cette manière aussi forte pour la période de l’Occupation en France (1940-1944). Un roman de plus à écrire? À attendre?
Puhdistus paraîtra en français en 2010, une perspective visiblement très plaisante pour Sofi, francophile sans le savoir. Car
si elle admet mal connaître la France, tout en désirant palier cette lacune, Sofi est une fan de Marguerite Duras.
Dans Purge, Sofi Oskanen aborde le douloureux thème des violences faites aux femmes sous le joug
soviétique en Estonie (1940-1991). L’histoire se poursuit même au-delà de l’indépendance estonienne, en 1991. La rencontre de deux femmes permet à l’auteur de se placer à la croisée des
générations et des cultures. Dans la cour d’un kolkhoze estonien, deux « petits » destins s’entrechoquent dans la grande Histoire, ceux d’Aliide Truu, une aînée estonienne qui a vécu l’occupation
allemande puis soviétique, et de Zara, jeune russe victime du trafic de femmes. En filigrane, c’est l’impact de l’histoire sur l’humanité dont il est question, jusqu’aux plus profonds secrets de
chacun. Comme un voyage au centre de l’individu en résistance sous le poids de la Nation. Passionnant thème que celui de l’infiltration de l’histoire dans l’âme de chaque être humain…
Résumé :
Nous sommes en 1992 en Estonie.
L'Union Sovétique n'existe plus et les russes quittent le pays qu'ils occupent depuis 1940. Au fin fond de la campagne la vieille Aliide qui a connu l'occupation nazi avant celle des russes, se
cache dans sa vieille ferme déglinguée. Elle a peur des pillages. Un matin, elle découvre Zara échouée dans sa cour, en piteux état. Elle hésite à herberger cette jeune fille cabossée et
bizarement vêtue mais finalement elle l'accueille, la nourrit, l'écoute puis décide de la protèger. Zara fuit un homme et son horrible réseau de traffic de femmes. Aliide et
Zara vont petit à petit s'apprivoiser, Aliide va finir par confier à Zara le douloureux secret qui la ronge depuis l'occupation allemande. Elle a aimé un homme, Hans, un
résistant... Quarante ans plus tard, elle décide d'aider Zara dans son combat pour la liberté, quelque soit le prix à payer.
Du dégoût silencieux, de l'expiation rageuse, on en trouve à chaque page de Purge (qui vient de recevoir le
Prix du roman Fnac). Or, tout l'art de Sofi Oksanen consiste à s'en approcher lentement afin que ses deux protagonistes, Zara et Aliide, finissent
par s'avouer à elles-mêmes les violences dont elles ont été victimes et qui ont fait de leur corps un objet de honte à vie. Pour purger ces abcès qui purulent en secret comme des rivières
souterraines, Sofi Oksanen a lu tout ce qu'elle a pu trouver sur le viol en temps de conflit. "Les victimes présentent toutes le même genre de traumatismes, souligne-t-elle. Elles se lavent
sans arrêt, le corps, les mains, et évitent de regarder les autres dans les yeux... C'est pour ça qu'au début j'avais conçu Purge comme une pièce de théâtre. Le théâtre vous force à
regarder en face ce qui est fait pour rester caché."
Ce roman est difficile à présenter tout simplement parce qu’il est dense et trop empreint de sensibilité pure et dure.
Les vies de nos deux héroïnes sont exprimées alternativement, chacune avec son caractère et sa vie de déroute. S’ajoute à ses morceaux de tragédies, des extraits de journaux d’un homme suspecté
de résistance.
Entre amour et haine, trahison et folie douce, Purge est un
très bon, que dis-je, excellent roman! Oksanen utilise sûrement des souvenirs de famille pour maitriser une histoire pareille. Tout est empreint de vérité et c’est cela qui fait tout l’impact de
Purge. Une vérité qui dérange, à coup sûr, et une fin étonnante. A mesure que l’on avance dans cette histoire sordide et parfois
glauque, il faut le dire, le rythme s’accélère et un certain suspense se met en place.
On ne tarit pas d'éloge sur ce roman qui ne laisse pas indifférent.
« Un vrai chef-d’oeuvre. Une merveille. J’espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge. »
La révélation étrangère de cette rentrée littéraire 2010.
Un roman extraordinaire ! Une écriture merveilleuse !
Un ouvrage à propos duquel les critiques semblent unanimes : "Si l'on devait n'en lire qu'un cette année, ce serait
celui-là."
histoire, tragédie familiale, guerre, résistance, espionnage, amour passion, quête identitaire et j’en passe évidemment,
Purge est LE ROMAN A LIRE dans cette rentrée littéraire!
Site officiel :
http://www.sofioksanen.com/